Pascal Greco

Pascal Greco est un amoureux de l’image. Qu’elles soient fixes ou en mouvements, les images de Pascal Greco reflètent une passion qui se ressent par les divers médiums utilisés ainsi que par les sujets abordés. L’architecture, les lieux, l’environnement qu’il soit urbain ou rural a toute sa place dans ses travaux photographiques.

Notons qu’il y a une exposition à la Ferme de la Chapelle à Genève consacrée à son projet SEOUL SHANGHAI TOKYO, jusqu’au 24 novembre. Ainsi que sa première exposition vidéo et photographie qui aura lieu à Bâle à la Galerie Guillaume Daeppen jusqu’au 21 décembre.

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Bonjour Pascal, comment vas-tu ?

Je vais très bien merci.

Photographe, réalisateur, directeur artistique, documentariste,..
Qui est Pascal Greco? Dis-nous en plus à ton sujet.

Je suis quelqu’un de profondément attiré par l’image, qu’elle soit fixe ou en mouvement. Je suis autodidacte et j’ai eu la chance de côtoyer des gens de talents, qui maitrisent leur art et qui m’ont beaucoup inspiré. Vu que je n’ai pas suivi d’école ou de formation, ce sont les personnes, artistes, créatifs qui m’entourent qui ont été et qui sont en quelque sorte mes professeurs.

Ton nouveau projet “No Cliché” édité et produit par Jane & Jeremy vient de sortir en librairie. Peux-tu nous parler de la démarche et du contenu de cet ouvrage ?

J’ai connu cet éditeur anglais en 2007. Ils ont la particularité de réaliser de beaux petits livres de manière totalement artisanale. Pour cette raison, les ouvrages sont limités à 60 exemplaires, signés, et ils sortent uniquement 2 à 3 titres par année. Je les ai contacté en 2011 afin de leur proposer un travail aux polaroids (type 100) que j’ai réalisé en Islande lors d’un séjour d’un mois en 2010. Dans ce travail, j’ai saisi des architectures perdues dans l’immensité de l’Islande, mises en contrastes avec des photographies dites «clichés» que ce magnifique pays permet de réaliser. J’ai donc été honoré qu’ils acceptent de publier ce travail, car j’aime leurs ouvrages, leur philosophie et leur démarche qui est à part dans le monde de l’édition.

Considères-tu la photographie et le film de la même façon ?

Je fais de la vidéo, film, depuis une douzaine d’année. J’ai toujours été séduit et fasciné par l’image en mouvement. Je suis venu tardivement à la photographie. Il y a une certaine similitude dans le travail de cadrage entre ces deux arts. Mais l’émotion que procure une photographie n’est pas la même que celle que procure un film.

Tu portes un attrait particulier au Polaroid (le projet 664 avec Gabriel Mauron, No Cliché, etc…). Un besoin s’est-il fait ressentir après l’arrêt de la production des produits Polaroid ?

J’ai commencé la photographie en 2006 au moment où j’ai découvert, lors d’un séjour au Japon, le film instantané de Fuji, le mini-instax. J’ai immédiatement commencé à réaliser un travail photographique sur le Japon en me rendant dans plusieurs villes. J’ai eu la chance que ce premier travail photographique soit publié par Infolio en 2007. L’ouvrage se nomme Kyoshu, nostalgie du pays, et que j’ai réalisé avec le photographe Nicolas Ducret qui présente son travail photographique sur Tokyo, réalisé au moyen format, dans la première partie du livre. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à mon travail en mini-instax. A la fin du livre se trouve également un film de 17 minutes que j’ai réalisé lors de ce voyage.

Par la suite en 2009, j’ai découvert les polaroid dit professionnel, les type 100, et je suis littéralement tombé sous le charme du noir & blanc 100 asa du nom de 664 qui possède un rendu incroyable.

C’est à ce moment là que le photographe Gabriel Mauron (avec qui j’ai réalisé le projet RATRAK) et moi-même avons décidé de réaliser un projet de photographie d’architectures au polaroid noir & blanc. Ce projet se nomme Polaroid 664 Project (664.ch). L’idée pour ce travail, était de se procurer chacun le même appareil photo, le Polaroid 660se, d’utiliser également le même film polaroid 664 noir & blanc et nous avons comme but de photographier des architectures délabrées, abandonnées ou oubliées. Pour cela, nous nous baladons quelques heures dans un même lieu, séparément, et à la fin de la journée nous confrontons nos images en les mettant par séries de pairs. Nous obtenons alors deux visions de photographes différentes sur un seul et même lieu. Nous nous attardons principalement sur des lieux industriels. Nous avons commencé ce travail dans divers pays en Europe. Nous désirons le continuer dans d’autres pays, sur d’autres continents.

L’architecture, un de tes sujets de prédilection, partage sa place avec l’Asie n’est-ce pas?

Oui, je suis attiré par l’architecture que l’on trouve au Japon et plus particulièrement dans la ville de Tokyo, qui possède une architecture unique et inspirante. Je suis sensible à l’architecture de Shanghai pour ce qui reste du charme profond des vieilles bâtisses uniquement. J’ai à ce titre sorti en 2009 chez idpure éditions un ouvrage qui se nomme SEOUL SHANGHAI TOKYO. C’est un travail photographique qui met expressément en contraste, pour les villes de Séoul et Shanghai, les architectures modernes aux quartiers de banlieues et bâtisses délabrées. J’ai une attirance marquée pour les architectures délabrées ainsi que pour les grandes constructions industrielles réalisées il y a quelques décennies.

Il est difficile d’aborder tous tes travaux, peux-tu néanmoins nous parler du film “Nowhere”?

NOWHERE est un film dit contemplatif, sur une musique de Goodbye Ivan. Il est sorti en mai en Suisse et sortira en Europe en 2014. C’est le deuxième volet d’un triptyque qui a commencé avec mon film Super 8, sorti en 2008, sur une musique de Kid Chocolat. L’influence principale de mes films vient du film Koyaanisqatsi de Geogrey Reggio sur une musique de Philipp Glass, sorti au début de années 80. C’est la première fois que l’association de l’image en mouvement et de la musique atteint un tel degré d’osmose.

Mes films sont une sorte d’hommage contemporain à Koyaanisqatsi… réalisés avec mes petits moyens. Ce qui m’inspire et me plaît dans les projets de films que je mène, c’est de travailler en binôme avec un musicien, compositeur que j’affectionne afin d’arriver à obtenir cette magie que l’on ressent lorsque la musique porte et renforce les images et inversement. Quand ces deux arts se subliment l’un à l’autre pour ne faire plus qu’un.
En recherchant systématiquement cette osmose dans mes films, je cherche à déclencher une émotion chez le spectateur, qui sera interprétée de manière différente par chacun. Je vois mes films comme un voyage envoûtant, dans lequel chaque personne se ferait sa propre histoire. C’est en réunissant et en mariant les images et la musique que j’y parviens.

Y a-t-il un artiste, photographe ou mouvement en particulier important à tes yeux?

Les Becher dans la photographie d’architecture. Wong Kar Wai et Geofrey Reggio dans le cinéma

En ce moment, quel est le livre qui se trouve sur ta table de chevet?

Le livre CONCRETE, du nom de l’exposition sur la thématique de la photographie et de l’architecture qui a eu lieu au musée de la photographie de Winterthour, que je n’ai malheureusement pas pu voir.

Quel conseil donnerais-tu aux jeunes étudiants en photographie?

D’expérimenter, de tester, de ne pas trop écouter certains de vos professeurs si votre instinct vous dit que vous allez dans la bonne direction et que le professeur vous dit l’inverse. Faites vous confiance, même si parfois vous vous tromperez.

Le mot de la fin…

Merci.

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>   pascalgreco.com
>   664.ch
>   nowhere.li

Interview : Dennis Moya & Tiffany Baehler – 11.13

Images : ©Pascal Greco.

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