Tomas_Kral_portrait

C’est avec plaisir que nous vous présentons le designer industriel Tomas Kral. Basé à Lausanne, ses projets ont été récompensés à diverses reprises. Au travers de cette interview il nous parle de ses influences, de sa façon de concevoir un objet ou encore de son approche vis-à-vis du design.

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Bonjour Tomas, comment vas-tu ?

Très bien, merci!
Je suis en train de travailler sur des nouveaux projets, c’est super fascinant!

Peux-tu nous en dire plus à ton sujet ?

33 ans. Je suis designer industriel basé à Lausanne.

Où se trouve ton studio et qu’est ce que tu aimes dans cet endroit ?

Mon atelier est situé dans les hauteurs de Lausanne juste au dessous du Bois de Sauvabelin dans une mini zone artisanale entre une ferblanterie et un atelier d’ébéniste.  C’est une ancienne salle de peinture de voitures, un petit espace, mais suffisamment grand pour mon activité. L’endroit a son histoire et j’aime surtout la proximité de ces artisans avec qui j’invente de temps en temps des projets.

Qu’est-ce qui t’a amené vers le design et quelle est ton approche de cette discipline ?

J’ai toujours eu tendance de bricoler et de créer des choses quand j’ai été plus jeune. De collectionner des objets, de les démonter car j’étais curieux de comprendre comment tel ou tel objet fonctionnait. Aujourd’hui, en tant que designer de produit je le fais toujours, mais d’une manière professionnelle et plus appliquée.

Mon père est architecte et ses dessins de maisons et de paysages m’ont toujours fasciné sauf que je me suis rendu compte que l’échelle ne me convenait pas. J’avais envie de m’intéresser plus à des objets du quotidien, des objets que je pourrais presque construire moi-même. J’ai commencé dans la mode puis j’ai vite évolué vers l’objet en 3 dimensions.

Peux-tu nous en dire plus à propos de la table Homework ?

Homework est un bureau que j’ai dessiné pour l’éditeur français – Super-ette. L’idée était de dessiner une table de travail de façon qu’elle soit encore plus fonctionnelle. Une sorte de nappe en aluminium est posée sur la table puis repliée de façon à créer une extension, une sorte de boite à outils pour stocker des documents, des objets, des photos dont nous avons envie de nous entourer en travaillant. L’espace de travail lui-même est donc moins encombré et les objets restent à portée de main.

Peux-tu choisir un de tes projets et nous décrire le processus qui t’a mené de la conception à la réalisation ?

Je vais décrire mon projet “Upgrade” qui est ma première recherche liée à la matière du verre et un de mes projets qui a permis de me faire connaître. Le verre est une matière extrêmement fascinante car tout est possible de faire et à différentes échelles – industriellement ou artisanalement. Mais pour ne pas me perdre dans la palette de possibilités et de techniques que j’avais à disposition avec le verre j’ai choisi pour mon premier projet en verre d’approcher cette thématique d’une façon différente. J’ai décidé de ne pas produire de nouvelles formes, mais de me servir des objets déjà existants  en verre. J’ai choisi de travailler avec des bouteilles existantes en verre industriel que nous achetons et jetons tous les jours. Aujourd’hui, il y a des milliers et milliers de formes et tailles différentes de bouteilles et de bocaux qui sont produits de façon industrielle et qui sont très beaux. Le but de mon projet était d’unir dans un seul objet le monde industriel qui produit une bouteille toutes les 2-3 secondes et le monde artisanal représenté par un travail à la main de finition de pièces précieux en verre de cristal. J’ai donc choisi une série de formes de bouteilles que nous avons ensuite retravaillé, décoré par une technique de taille et de dorure du verre. Pour la forme de ces interventions décoratives, je me suis inspiré par les formes d’étiquettes de bouteilles industrielles qu’on trouve sur le marché.

Suis-tu une sorte de manifeste en matière d’esthétique et d’éthique de travail ?

Chaque projet que je fais est différent et c’est, d’une manière générale, aussi mon credo. C’est une des raisons pour lesquelles je suis devenu designer – d’échapper à la monotonie du travail. Mais plus précisément dans mes projets, c’est la simplicité et la fonctionnalité qui dominent. Mes idées viennent souvent de l’observation minimale de la vie quotidienne que j’essaye de transformer à ma manière. Pourquoi pas, de temps en temps, raconter à travers les objets une histoire avec un peu de poésie et d’humour. Je pense que les gens achètent non seulement les objets dont ils ont besoin, mais aussi les objets qu’ils trouvent intéressants car ils leur rappellent une histoire.

As-tu été influencé par un designer en particulier ou un mouvement singulier ?

J’ai plusieurs références qui sont aujourd’hui devenus des icônes de design Italien notamment Achille Castiglioni, Gino Sarfatti, Angelo Mangiarotti. Leurs travaux sont pour moi une sorte d’alphabet du design. Mais je m’inspire aussi dans la richesse formelle de l’époque de Memphis et j’observe avec respect le travail de Donald Judd autour du minimal art.

As-tu un conseil à donner aux étudiants et futurs designers ?

Aujourd’hui tout est permis. Alors lâchez-vous et soyez différents!

Quel est le livre qui se trouve sur ta table de chevet ?

Taxonomy of office chairs de Jonathan Olivares.

As-tu des projets à venir ?

J’essaye toujours de partager mon temps entre ma recherche personnelle, des idées, des concepts que j’ai envie de développer sans un but défini au départ et le travail en collaboration avec des maisons d’éditions où on vise un produit fini. Je travail actuellement sur des projets de mobilier et accessoires pour une jeune maison américaine et des éditeurs français.

Je te laisse le mot de la fin…

Merci merci. Amusez-vous bien!

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>   tomaskral.ch

Interview : Dennis Moya & Tiffany Baehler – 05.13

Crédits : Tous les projets sont ©Tomas Kral.
Photos :- Homework (Felipe Ribon), Uprade (Francois Pirenne, Michel Bonvin), 1/4 (Martin Haldimann), Clown Nose (Federico Berardi), PLUG (Michel Bonvin, Jara Varela) // Monster Collection – design : Tomas Kral et Camille Blin (photo Federico Berardi).

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