Les Graphiquants – Interview

les graphiquants- Photo- Pascal Bejean

Aujourd’hui ce sont Les Graphiquants qui se prêtent au jeu de l’interview sur ligature. Cet atelier graphique parisien dirigé par Cyril Taieb, Maxime Tétard, Romain Rachlin et François Dubois a été récompensé à plusieurs reprises par diverses organisations telles que le Club des DA, le festival International de l’affiche de Chaumont ou encore les ED Awards pour l’agence de l’année 2011. Au travers de cette interview ils nous parlent de l’histoire de l’atelier, de leurs travaux de signalétique ou encore de la Biennale de Danse de Lyon…

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Bonjour Les Graphiquants, comment allez-vous ?
Très bien!! (x4)

Qui sont Les Graphiquants et pouvez-vous nous en dire plus sur l’histoire de votre atelier ?
Tout commence par une rencontre sur le banc de l’ENSAD entre Romain et Maxime, période pendant laquelle ils collaborent systématiquement sur l’ensemble des projets d’étude. Travaillant dans un premier temps pour une petite poignée d’architectes, le duo termine sa formation avec une clientèle acquise et rassurante. La perspective de création d’un studio est alors déjà largement amorcée. Mais au-delà du graphisme, l’idée est de cumuler les compétences pour livrer des projets ambitieux et de qualité. Ils s’associent donc à Cyril à leur début puis à François quelques mois plus tard. Ils assurent la coordination des projets du studio, Cyril ayant une expertise technique sur le suivi de fabrication, et François sur la partie web et plus « administrative ».
En 2009, l’affiche Floating est le véritable point de départ de notre studio (en collaboration avec François Kenesi). Commandée par Metrobus et diffusée sur le réseau SNCF et RATP, cette image occupe les espaces publicitaires laissés vacants par la crise … et les  occupe toujours en 2013! Elle est retenue dans la Sélection française du festival d’affiches de Chaumont en 2010. Au même moment le Familistère de Guise, développé depuis 2 ans en collaboration avec Sabine Rosant, est inauguré. Le bâtiment réhabilité en musée expose la pensée utopiste de Jean-Batiste Godin et fait la part belle à la « data visualisation ». Depuis, nous collaborons sur de nombreux projets d’éditions, des projets culturels et événementiels notamment avec le CNAP, le Centre Pompidou Paris et le Centre Pompidou Metz (signalétique des expositions Chefs d’oeuvre, Mondrian-De Stijl, Gerhard Richter, Parade), avec le ministère de la Culture (Journées européennes du patrimoine 2012), Sèvres, cité de la Céramique, le Comité Colbert ou la biennale de Danse à Lyon.

Dernièrement, nous avons conçu la maquette du Elle Déco Lab et mis en ligne le site internet d’un nouvel éditeur de mobilier design (polit.fr). Aujourd’hui, cinq ans après la création de l’Atelier, cette organisation « quadricéphale » que nous avons mise en place laisse le temps aux graphistes de se concentrer sur l’essentiel : la création.

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Où se trouve votre atelier et qu’est-ce que vous aimez dans cet endroit ?
Nous sommes dans le 11e arrondissement de Paris, proche de Belleville, entourés de graphistes, architectes, imprimeurs. Notre studio est au premier étage d’une ancienne usine de mécanisme auto, et si les mécanismes ont disparu, remplacés par : une galerie d’art, un autre studio de graphisme, une boite de communication, une boite de production… bref, nous sommes dans notre élément au sein de ce rouage de créateurs.

Qu’est-ce qui vous a amené vers le design graphique ?
C’est un peu par hasard que le graphisme s’est imposé à nous. Nous avons eu la chance d’être accueilli à l’ENSAD par Pierre Bernard et François Miehe (deux fondateurs de Grapus). Ils nous ont embarqués par leur pédagogie flottante, il n’y avait aucune règle, aucune technique, tout était sentiment. Choisir la section graphisme nous apparaissait comme la possibilité d’une formation libre et non définie.
Les Arts décoratifs était alors une école de création généraliste, et la qualité des équipements techniques était telle, que nous jonglions sans cesse entre dessin, gravure, sérigraphie, photographie ou encore morphostructure. C’était la plus belle salle de jeu du monde et nous étions heureux d’avoir accès à ces attractions rares. Ce qui nous réunissait également était l’envie de travailler pour des sujets fascinants, des sujets plus intéressants que notre simple exercice plastique.
Le graphisme offrait cela.

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Les projets de signalétique ont une part importante au sein de votre atelier…
Oui, nous avons eu la chance de collaborer très tôt avec de grands graphistes / signaléticiens. Sabine Rosant, qui a travaillé pendant 15 ans avec Jean Nouvel, nous a proposé de l’accompagner dans la mise au point de la signalétique du Familistère de Guise. Ce fût l’occasion pour nous d’appréhender via son regard les problématiques liées à cet exercice. En parallèle, notre travail avec les architectes nous a permis d’être repéré par le Centre Pompidou-Metz pour travailler sur sa première exposition : « Chefs d’œuvre? ». Un projet en amenant un autre, nous avons collaboré plusieurs fois avec le Centre Pompidou-Paris sur des expositions.
Récemment, nous avons collaboré avec Adrien Rovero (un designer suisse), sur la réalisation du Bloc de Sèvres, dans le cadre du projet de signalétique de Sèvres, cité de la Céramique. A la fois totem pour la désignation des bâtiments et des services, mais aussi pour la circulation et l’accessibilité, et contenant pour les végétaux ; ils viennent jalonner les allées de la Cité.
Quelque soit le sujet, les rapports entre l’espace, l’identité architecturale, et le contenu didactique portent en eux toutes les réponses formelles. Il suffit juste de les identifier! Et nous prenons beaucoup de plaisir à trouver des solutions dans l’utilisation d’une matière, la conception d’un objet ou le dessin d’un signe.

L’Alsace, La Lorraine, La Berline Grotesk… Parlez-nous de typographie. Qu’est-ce qui vous passionne dans le dessin de caractère ?
Nous prenons la Fantaisie très au sérieux et ne travaillons quasiment que sur des caractères de titrage. Les lettres sont chez nous des objets, des structures, des rythmes et cela bien avant de former des mots. Nous ne sommes pas des typographes, plutôt des peintres en lettre, la notion décorative prend le pas sur la lecture. Chaque lettre doit pouvoir exister seule au milieu d’une feuille blanche et dépasser la simple lecture d’une lettre, elle doit être évocatrice.

Quelles sont vos influences et références en terme de design graphique et de typographie ?
Karel Teige, Philippe Apeloig, le Constructivisme, l’Op Art, l’architecture Bauhaus.

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Pouvez-vous nous en dire plus sur la conception de l’identité de la Biennale de Danse 2012 ?
Le rapport entre une image imprimée et sa traduction en volume est un des axes récurrent dans notre travail. La biennale de Danse est avant tout un événement populaire dont le lancement, tous les 2 ans, est marqué par un grand défilé dans les rues de Lyon. Nous avons donc pensé l’identité de la Biennale comme un signe à l’échelle de la ville avant qu’elle se décline sur une affiche, un programme… Composé de ballons noirs et blancs géants gonflés à l’hélium, le mot « DANSE » devait investir tout l’espace urbain. Comme une injonction à la foule, jouant avec le vent, cette installation simple de 6 mètres de haut, avait un potentiel signalétique et cinétique qui nous séduisait beaucoup.
Pour diverses raisons nous n’avons pas pu réaliser cette installation à cette échelle. Reste sa traduction en 2 dimensions ! Au delà de nos intentions plastiques, ce projet nous a donné l’occasion de collaborer avec des photographes, une réalisatrice et des animateurs 3D. Et notre projet pour le clip nous a quand même permis de faire exister l’installation mais dans des proportions plus modestes …

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants et jeunes designers?
Tentez, essayer, ratez, recommencez.

Avez-vous des projets à venir ?
Oui et on vous promet de belles surprises!

Le mot de la fin…
MODELE NATIF ou MODELE FILANT, (anagramme de « le mot de la fin »).
Nous choisirons modèle « FILANT ».

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>   les-graphiquants.fr

Interview : Dennis Moya & Tiffany Baehler – 06.13
Toutes les images appartiennent à ©Les Graphiquants.
Photographie des Graphiquants : Pascal Béjean.

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