Les Dévaleuses

Notre dernière interview avant la nouvelle année est consacrée au fanzine Suisse romand LE DÉVALOIR et à son équipe de choc constituée d’Anaëlle Clot, Laura Morales et Vanessa Besson.

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Hello l’équipe du Dévaloir, comment ça va ?
Ça va bien, merci! Et toi?

Très bien merci. Qui est derrière ce fanzine ?
Nous sommes trois amies issues de différents domaines professionnels: une graphiste et deux photographes.

Anaëlle : Ayant fait ma formation de graphiste en CFC, l’apprentissage du métier était assez axé sur la rapidité et la production, j’ai été un peu “traumatisée” par la vitesse à laquelle on est balancé dans le monde professionnel. Je voulais du temps pour aller plus au fond de mes recherches et expérimentations, j’ai donc développé en dehors de mon travail de nombreux projets afin de faire vivre par moi même ma passion pour l’édition, l’illustration, le graphisme… Pour moi le Dévaloir c’est un moyen de mettre en valeur toute la richesse visuelle qu’ont a offrir les artistes locaux, de manière libre et spontanée tout en gardant une certaine rigueur et qualité dans le produit finit.

Laura : Je suis photographe diplômée de l’école de photo de Vevey. J’ai travaillé dans un studio pour l’horlogerie pendant une année. C’était super technique donc intéressant, mais très répétitif et peu créatif. Du coup quand on a créé le Dévaloir, ça a été un bol d’air frais. Il me permet de dessiner et d’écrire, et c’est des activités que j’ai toujours aimé faire mais que j’avais un peu laissé de côté.

Vanessa : Après avoir étudié dans la même école que Laura, l’idée de créer un projet comme Le Dévaloir m’a tout de suite plu car cela consistait d’une certaine manière à sortir de la “bulle” de l’école afin de réaliser quelque chose qui nous appartenait vraiment. C’était pour moi, une sorte de processus de maturité, une confrontation avec une certaine réalité qui nous échappe un peu lorsque l’on est en études. De plus, même si j’ai étudié la photo et que cela reste une passion, je me suis toujours intéressée à la culture dans son ensemble. Et avec Le Dévaloir on est plutôt bien servi au niveau de l’éclectisme culturel. (rires)

Concernant l’association Ressac, elle a été créée dans le but de nous aider à éditer le fanzine ainsi que pour développer d’autres projets autour de la promotion culturelle et de l’édition.

Depuis quand existe-il et pourquoi avoir créé un fanzine en 2012 ?
On en a discuté une première fois en septembre 2011 puis le projet a mûri et le premier numéro est sorti en février 2012. On a choisi d’éditer un fanzine plutôt qu’un autre support car on se retrouvait dans l’état d’esprit qu’il véhicule, de par la liberté d’expression et son côté intemporel et indépendant. Le support papier, le format, l’objet dans sa globalité a été réfléchit afin de répondre au mieux à nos envies, sans contraintes, avec beaucoup de spontanéité, sans la volonté de le considérer comme un magazine. Nous avions envie de créer un support pour les jeunes artistes suisse afin de mettre en valeur des travaux de qualité, et de les rendre accessible au plus grand nombre.

Ce que j’apprécie dans ce fanzine c’est l’ouverture et l’éclectisme des sujets présentés, le Dévaloir met en avant la création et les jeunes artistes. 
C’est un peu comme une plateforme alternative à tout ce qu’il se fait sur le web ?

Oui, c’est aussi un aspect qui nous a motivé dans notre démarche. Du fait que nous sommes à une époque où le moyen d’expression le plus populaire est le web, où on voit fleurir beaucoup de blogs et autres plateformes pour des artistes, on s’est dit qu’en faisant un support papier on pouvait se démarquer et rendre le contenu plus réel de part son support. On est sensibles aux papiers et aux différentes possibilités qu’offre l’impression. C’est aussi un plaisir d’avoir un objet concret entre les mains à chaque numéro.

Parlez-nous un peu du contenu et des choix éditoriaux…

Globalement, on cherche à présenter un contenu varié et ouvert en apportant de la légèreté et de la fraîcheur. Un peu comme une salade mêlée ! (rires). Concernant les illustrations, nous fixons un thème pour chaque numéro que nous communiquons aux illustrateurs choisis afin d’avoir une cohérence dans les dessins qui sont souvent de styles très variés. Ensuite, nous choisissons entre 2 et 3 artistes pour le portfolio central, de domaines très différents, allant de la photographie au graphisme en passant par l’illustration… Ces portfolios sont l’élément principal du fanzine. De plus nous essayons d’aborder différents sujets par des rubriques récurrentes. Comme, par exemple, la présentation d’un groupe de musique, d’un festival ou d’un événement culturel Suisse, une carte blanche qui laisse la liberté à une personne de s’exprimer.

En Suisse romande la culture “fanzine” est-elle très présente ?

Non, c’est assez alternatif. Mais avec notre projet on a participé à des conventions d’éditions indépendantes et on a constaté qu’il y avait quand même une culture fanzine assez riche et qu’il y avait beaucoup de gens passionnés et investis dans ce domaine.

Éditer et publier aujourd’hui n’est pas une mince affaire. Quel est votre avis à ce propos ?

Effectivement on a beaucoup donné de nous même au début, c’est un investissement personnel. Ça demande beaucoup de temps et d’énergie, surtout en aillant chacune un travail à côté. Un projet comme celui-ci est difficile à pérenniser, d’autant plus que c’est un fanzine que nous distribuons gratuitement. Nous devons donc continuellement faire des démarches pour trouver des soutiens financiers afin d’éditer notre fanzine.

Parlons un peu de vous trois, quel sont vos futurs projets ?
Vanessa : Je souhaiterais terminer sans encombre les études que j’ai repris il y a peu et continuer à développer mon travail personnel en photo. C’est assez difficile de trouver son “style”.  Je me laisse donc le temps.

Anaëlle: Mon idéal c’est de vivre simplement et d’avoir beaucoup de temps pour dessiner, expérimenter, développer de nouveaux projets, échanger… rire et danser!

Laura: J’aimerais me former en tant que directrice de la photographie pour du cinéma. J’aime beaucoup la lumière et tous les aspects techniques qui aident à construire une image. Et puis conquérir le monde.

En ce moment, quel est le livre (et/ou magazine) qui se trouve sur vos tables de chevet ?

Laura: Le Code de la Route. C’est très lyrique, touchant !

Anaëlle: Ben euh là c’est Luky Luke qui trône sur ma table de nuit.

Vanessa : Le Dévaloir numéro 4 évidemment! (rires)

Je vous laisse le mot de la fin…
Camouflage…

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>  ledevaloir.ch

/ Interview : Dennis Moya – dévembre 2012 / Toutes les images appartiennent au fanzine ©Le Dévaloir.
/ Sauf avant-dernière image ©Louiza Becquelin

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