Jo Germond aka TATTOO by JO nous a fait le plaisir de répondre à notre interview. Il nous explique sa rencontre avec Yann Black, sa façon de travailler, le style old school qu’il perpétue en encrant la peau de ses clients et bien d’autres choses qui, à travers cet entretien, vous transporteront dans son domaine…

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Bonjour Jo, comment vas-tu ?
Hello Dennis, ça va super, merci!

Peux-tu te présenter ? Dis-nous en un peu plus à ton sujet.
Je m’appelle Jo, je vis à Lausanne mais je viens de Vevey. J’ai tout juste passé le cap des 30 ans et je vais être papa! Niveau tattoo, j’y suis venu après une formation de graphiste à l’Eracom. J’ai d’abord travaillé comme graphiste puis suite à un voyage aux Etats-Unis je me suis pris de passion pour le tatouage. En automne 2009, je suis parti aux Etats-Unis pour un road trip. Mon périple s’est terminé en janvier à Montréal où j’ai rencontré Yann Black. J’ai alors pu le suivre comme son ombre. Il m’a montré ses techniques, m’a fait rencontrer d’autres tatoueurs et m’a motivé et convaincu de m’y mettre. Son travail m’a fait comprendre que le tattoo est avant tout un moyen d’expression. J’entends par là que finalement la peau est un support comme un autre, que le tatouage ne dois pas se limiter à un style prédominant ou défini (old school, japonais, tribal,…).

Je suis rentré en Suisse avec des machines et des aiguilles. Mes potes m’ont fait confiance, et j’ai commencé à niquer leur peau! De Yann, hormis sa gentillesse et son enseignement, j’ai gardé cette approche du tatouage. Je m’efforce de mettre une touche personnelle dans mes flashs. Je reste très inspiré par le old school parce que ses codes me plaisent, mais j’essaye de les traiter à ma manière. Parallèlement au tattoo, je fais de l’illustration. Cette année j’ai eu, entre autre, le plaisir de participer à la collection Prism Helvetia, ainsi qu’au graphisme du festival de la Superette à Neuchâtel.

Depuis combien de temps pratiques-tu le tatouage ? Et quelle est ton approche envers cette discipline ?
Mon premier tattoo sur une pote je l’ai fait en 2009. Puis à mon retour de Montréal, j’ai commencé à tatouer un peu plus. D’abord chez moi durant une année et demi. Je me suis installé à Lausanne en décembre 2011. Je partage des locaux avec les Happypets. J’en profite d’ailleurs pour les saluer!

As-tu un style que tu essaie de suivre ?
Le Old School me parle particulièrement. J’y aime sa manière de simplifier les sujets. Son utilisation de couleurs sombres et d’ombres massives. L’univers du Old School me semble aussi être le plus représentatif de notre culture européenne. Bien que chaque tattoo soit personnel, on y retrouve souvent des vecteurs communs. Ceux exprimés dans le Old School fonctionnent particulièrement avec nos références et notre histoire.

J’aimerais également te féliciter pour ta publication dans le livre “Forever : the new tattoo” de Gestalten. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
Ça m’a énormément flatté! Imagines te retrouver publié dans un livre qui ne comporte que les personnes que tu suis et dont le travail t’hallucine et t’inspire. Pour un jeune tatoueur, c’est super motivant. Tu ne comprends pas vraiment ce que tu fais perdu au milieu des grands. Mais ça donner une super énergie et une envie de te dépasser, de continuer à te perfectionner au fil du temps.

As-tu été influencé par un mouvement ou un artiste (tatouer, designer, etc..) en particulier?
Dans un premier temps, mes références viennent du Old School, et de styles plus récents mais qui à mon sens en découlent. Il me serait pourtant difficile de faire une liste des personnes qui m’influencent, il y en a tellement de bon. Chaque jour tu peux découvrir un nouveau mec ou nana qui déchire, et pas seulement dans le monde du tattoo.

Suis-tu un processus / une méthodologie de travail ?
On se voit plusieurs fois avec les personnes que je tatoue. J’aime beaucoup cette phase de conception qui finalement est une discussion entre le client et moi. Sinon c’est assez classique. On se voit, on fait connaissance et discutons du projet. Je prépare une ou deux variantes du projet, on en rediscute, au besoin je fais des modifications, puis on le tatoue! Je ne propose jamais le même dessin à 2 personnes différentes. A chaque nouveau projet son nouveau dessin!
Ah oui, je ne prends que sur rendez-vous. Je ne fais pas de walk-in comme on dit dans le milieu… Pour ce qui est de la technique, je travaille au stylo et à l’aquarelle.

Que signifie le tatouage pour toi ?
Le tattoo c’est personnel. On ne doit pas avoir besoin de les expliquer. Certains le font en référence à leur vie. D’autres par simple attrait esthétique. J’essaye de ne pas juger. Chacun est libre de faire ce qu’il veut de son corps. Pour moi, c’est une passion. Je me lève et me couche en pensant au tattoo. Ceux que je porte sont en lien avec ma vie, des moments clé de mon parcours ou alors à des rencontres/découvertes d’autres tatoueurs/euses, que je collectionne comme des oeuvres.

De qui sont les tatouages que tu portes ?
Michelle Tarantelli de Saved Tattoo NYC, Deno de Circus tattoo Madrid, Matt Ziolko Tattooing Co Chicago,… Sinon, des pièces de mes amis tatoueurs, Happypets, Marc Mussler, Nicky, Yann Black. Ma copine m’a aussi tatoué (ses 2 premiers). J’ai une cuisse d’exercices où des potes se sont essayés ainsi que moi pour mes premiers! Mais en fait je ne suis pas très couvert. J’espère me faire tatouer encore vraiment longtemps donc je suis patient!

Que penses-tu de ce nouvel engouement envers cet art ?
L’effet de mode est évidement à éviter, on ne se fait pas tatouer comme on achète un vêtement. Mais je préfère voir cet engouement d’un bon oeil. Une ouverture d’esprit par rapport aux clichés du tattoo est bénéfique. A force d’en voir plus, les gens vont peut-être si intéresser d’avantage et ne plus rester bloqué sur ce qui à pu être la mode jusqu’à maintenant, ni sur ses clichés.

As-tu des projets à venir ?
Oui, pouvoir vivre du tatouage et continuer sans cesse à évoluer. Et tout faire pour être le meilleur papa du monde!

Je te laisse le mot de la fin…
Merci pour cette interview et bravo pour le travail que tu fais.

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/ Interview Dennis Moya – nov/déc 2012 // Toutes les images appartiennent à ©Jo Germond.

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