Portrait Chloé Fakepaper

Chloé Desvenain, aussi connue sous le pseudonyme de Fakepaper nous a accordé de son temps pour répondre à nos questions. C’est avec plaisir que nous vous présentons son travail mêlant pictogramme et graphisme épuré, aux compositions de formes abstraites, riche de sens et de couleurs…

……………….

Bonjour Chloé, comment ça va ?
Salut Dennis, je vais très bien! C’est bientôt les fêtes, du coup c’est un peu l’euphorie dans ma tête, le retour dans la famille tout ça tout ça, j’ai hâte!

Dis-nous en un peu plus à ton sujet. Peux-tu te présenter ?
Alors, je m’appelle Chloé Desvenain mais j’officie la plupart du temps sous le pseudonyme de Fakepaper. J’ai 26 ans et je suis graphiste freelance depuis maintenant deux ans.

Parle-nous de ton vécu avec le graphisme. Qu’est ce qui t’a guidé dans cette direction ?
Rien en particulier, je pense plutôt que c’est la convergence de plusieurs facteurs. Ma mère est enseignante en Arts Plastiques, c’est évident que ça a pesé dans la balance. Du coup, je me suis orientée dans une filière littéraire-Arts Plastiques et ce n’est qu’après le lycée que j’ai bifurqué en Arts Appliqués. Mais ça restait encore très vague, je me souviens avoir voulu faire de « l’Art Appliqué » mais je ne savais pas précisément quoi et puis pour je ne sais quelle raison, c’est le graphisme qui l’a emporté sur le reste… peut-être parce que mes professeurs me disaient justement que le graphisme ne me correspondait pas! Voilà, j’ai choisi le graphisme par esprit de contradiction!

Peux-tu nous en dire plus sur le projet “Hybridations” en collaboration avec l’illustratrice Frédérique Vernillet ?
C’est Olivia Zeitline de l’agence Réécrire qui nous a mises en relation dans le cadre de la programmation estivale du Café Caché du 104. Frédérique et moi étions exposées mais sur deux dates différentes et Olivia a eu l’idée de nous réunir sur un projet commun et ce, sous l’œil de Julien Soulier réalisateur, retranscrivant cette collaboration. Lors de notre première rencontre, nous avons juste essayé de voir comment nos univers pouvaient interagir. Frédérique exposait des grands dessins hyper réalistes d’animaux sauvages et moi je proposais une espèce d’atelier à l’aide de tampons encreurs, « posters paysagers ». De là, nous est venue l’idée de concevoir des animaux mutants naissant de cette union stylistique. Nous avons fait le constat que les animaux provoquaient un pouvoir de fascination chez nous assez équivalent, et même si nous avons deux personnalités graphiques très différentes, on a eu envie de l’exprimer en choisissant des animaux présentant des caractéristiques contraires : extrêmement beaux mais offensifs ou au contraire repoussants mais inoffensifs…
J’ai vraiment adoré faire ce projet! Il y a eu une belle dynamique qui nous a donné envie de réitérer, on va faire d’autres choses!

Tu as conçu l’identité visuelle de l’agence Réécrire. Peux-tu nous parler de la démarche et plus particulièrement du travail typographique réalisé ?
Quand Olivia m’a demandé de réfléchir à sa nouvelle identité, je me suis surtout penchée sur le verbe « réécrire » justement; ce qu’il exprimait, sous-entendait… et ce que j’en ai retenu c’est la notion de temporalité induite par le préfixe « ré » : réécrire, refaire, rééditer… il y a toujours cette idée de ré-intervenir (une fois, deux fois, trois fois, indéfiniment) sur une entité qui préexisterait, il y a donc toujours deux temporalités devant cohabiter pour finalement se chevaucher. Réécrire c’est essentiellement une agence d’édition de contenus culturels, contenus faisant nécessairement appel à des références ancrées en histoire de l’art où le travail de mémoire est sous-jacent.
C’est donc cette notion de temps que j’ai voulu mettre en avant dans le logotype à travers l’évocation de la ligne du cahier d’écolier mais aussi et surtout de l’évocation du temps qui passe majoritairement par la timeline. Je ne voulais pas aller vers un logotype trop évident qui aurait consisté à concevoir un signe plastique, fait à la main, je voulais « institutionnaliser » l’agence en quelque sorte, inclure Réécrire dans cette linéarité.
Plus concrètement, l’identité repose essentiellement sur cette intervention typographique : une fonte dont tous les E, les É, les glyphes RE et RÉ ont été re-dessinés et ce dans l’objectif de souligner les interventions de l’agence.

Plus généralement, quelle est ton approche de la typographie ?
Je vais certainement me mettre tous les typographes à dos mais j’envisage la typographie comme un outil au même titre qu’un médium plastique. J’ai vraiment une approche candide à la typographie et je ne prétends à aucun moment avoir des compétences de conceptrice de caractère ou un quelconque regard aiguisé. Dans le cas de l’identité de Réécrire par exemple, j’ai trouvé que c’était la voie la plus pertinente pour exprimer les notions que j’avais extraites et que je voulais mettre en avant mais je considère que j’ai abordé ce projet comme une graphiste qui s’est confrontée à une problématique typographique et non pas l’inverse. Les typographes ont une rigueur, une exigence et une synthèse d’esprit que je ne fais que soupçonner. Je trouve d’ailleurs la typographie bien plus noble que le graphisme tel que je le pratique.

Pour toi le graphisme c’est…
Un champ d’expression qui se monnaye. J’ai de la chance, il s’avère que c’est aussi ma passion.

Quelles sont tes inspirations et tes références ?
Il n’y a pas un domaine en particulier qui « m’inspire » plus qu’un autre. Je n’ai pas vraiment de référence dans la sphère du graphisme, ou alors de manière ponctuelle sur un projet en particulier mais je ne suis pas fidèlement le travail d’un atelier ou d’un studio. Mis à part ça, c’est très cliché mais tout et rien à la fois, souvent des choses déconnectées du graphisme justement, des petites choses toutes simples, la vie quotidienne en général.

En ce moment, quel est le livre (et/ou magazine) qui se trouve sur ta table de chevet ?
« Demande à la poussière » de John Fante commencé il y à peu. Malheureusement, je peux difficilement en parler, je n’en suis qu’à la page 25!

As-tu des projets à venir ?
En ce moment, je bosse sur l’identité visuelle de Gustav’Cie, un restaurant en take away qui va ouvrir dans le 17ème en début d’année, sur la version webzine de l’agence Réécrire, sur des dessins à 4 mains avec des copains, j’ai aussi envie de faire des choses avec Lou de Testa une amie créatrice de vêtements…Et puis parallèlement, sur pas mal de projets pour l’agence Savoir Faire.

Je te laisse le mot de la fin…
Merci pour cette interview Dennis et bonne année à tous! <3

……………….

>  fakepaper.fr

/ Interview : Dennis Moya – décembre 2012
/ Toutes les images appartiennent à ©fakepaper – Chloé Desvenain.

Chloe Desvenain - fakepaper-Poster-Cacharel-

Chloe Desvenain - fakepaper-Cacharel

Chloe Desvenain - fakepaper-Reecrire-identite

Impression ImpressionChloe Desvenain - fakepaper-Automart-pictos_800 Chloe Desvenain - fakepaper-cartes-visite2-Burnin_800Chloe Desvenain - fakepaper-site-Burnin_800 Chloe Desvenain - fakepaper-couche2_800 Chloe Desvenain - fakepaper-couche3_800Chloe Desvenain - fakepaper-Reecrire-cdv_800 Chloe Desvenain - fakepaper-Reecrire-identite1_800 Chloe Desvenain - fakepaper-Reecrire-identite2_800 Chloe Desvenain - fakepaper-Reecrire-pictos_800Chloe Desvenain - fakepaper-reecrire-site-ordi_800Chloe Desvenain - fakepaper-Affiche-Rebondir1_800 Chloe Desvenain - fakepaper-Affiche-Rebondir2_800 Chloe Desvenain - fakepaper-Affiche-SocialClub_800 Chloe Desvenain - fakepaper-zoom1_800Chloe Desvenain - fakepaper-FILTER_800 Chloe Desvenain - fakepaper-VersoPizza_800