Aujourd’hui c’est avec un intérêt certain que nous vous présentons l’agence de communication Emphase. Située à Lausanne, elle a été fondée en 2010 par Fabienne Kilchör et Sébastien Fasel. Tournés vers tous ce qui touche au “print”, ils se sont spécialisés dans le design d’information, domaine très intéressant dans l’exercice de la mise en forme d’informations par le design graphique afin d’aider à la compréhension. Ils ont accepté de répondre à nos questions et c’est avec plaisir que nous vous présentons leurs travaux…

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Bonjour Emphase , Comment allez-vous ?

Salut! très bien, merci!

Pouvez-vous vous présenter ?

Emphase est constitué de deux associés, Fabienne Kilchör et moi-même (Sébastien Fasel). Nous nous sommes rencontré à la HEAD Genève, j’étais en dernière année alors que Fabienne était assistante. Nous avons commencé notre collaboration en travaillant sur un petit mandat, et nous nous sommes tout de suite entendu sur notre manière de travailler et d’aborder le design graphique. Puis nous avons eu l’opportunité d’intégrer le collectif de graphistes indépendants “La Fonderie” situé à Carouge. Nous y avons travaillés en tant qu’indépendants durant un an et demi, où nous réalisions tous les mandats à deux.  Un jour nous avons entendu parler de Genilem, une association suisse qui aide les nouvelles entreprises durant trois ans (coaching en gestion d’entreprise, accès à un réseau professionnel, etc.). Lorsque nous avons été sélectionnés, nous avons décidé de quitter notre statut d’indépendants pour fonder une société à responsabilité limitée (Sàrl), Emphase Sàrl.

Où se trouve votre agence et qu’est-ce que vous aimez dans cet endroit ?

Comme je l’ai dit avant, nous étions d’abord installés à Carouge. En fondant Emphase, nous avons commencé par chercher des locaux à Genève. N’en trouvant pas, nous avons eu la chance de trouver un bureau à la Rue de Bourg à Lausanne, avec une magnifique vue sur la cathédrale et le Pont Bessière. Nous en sommes très content, nous apprécions beaucoup la ville, et ça nous “centre” un peu plus par rapport à notre clientèle qui se situe également du côté suisse-allemand.

Vous êtes spécialisé dans le domaine du design d’information.
En quoi cela consiste-il et pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette direction ?

C’est le domaine qui s’intéresse à la mise en forme d’informations pour aider à la compréhension. Les types de visualisations les plus connues étant les schémas, les diagrammes, les cartes, ou même les mode d’emplois. Ce n’est pas quelque chose de nouveau, mais le fait que le monde du design s’y intéresse est relativement récent. Il y a environs trois ans, Fabienne a commencé à travailler à temps partiel en tant que chercheuse en design à la Haute Ecole des Arts de Berne (HKB), dans le domaine de la “Knowledge Visualizaztion”. De mon côté, mon projet de diplôme était aussi basé sur des méthodes du design d’information, c’est donc assez naturellement que nous nous sommes intéressé à ce domaine. Mais si le design d’information prend une place importante chez Emphase, nous ne faisons pas uniquement cela. En effet, les identités visuelles, le design éditorial et le “print” en général nous passionnent. Nous sommes avant tout des graphistes qui aiment le papier.

Le procédé / processus est-il le même que la “data visualisation” à proprement parlé avec toutes sortes d’algorithmes, de graphiques statistiques, de cartographies thématiques ?

C’est vrai que c’est un domaine largement développé par les milieux scientifiques, économiques ou de l’ingénierie. C’est avant tout technique. Des visualisations développées par des scientifiques pour des scientifiques servent à comprendre, explorer, partager des connaissances. Et ces experts savent très bien “lire” ces visualisations que le commun des mortels ne comprend pas et n’ont pas besoin de comprendre. Nous, nous intervenons sous l’angle du design, de la communication visuelle. En quelque sorte, nous aidons à vulgariser afin de communiquer des informations techniques à des publics plus large que le cercle des experts. Nous allons chercher aussi de nouvelles manières de représenter les informations: dans le cadre des données statistiques, il existe mille manières de représenter ces données sans avoir besoin de faire un camembert.

Mais pour répondre à ta question, le processus est peut-être similaire: nous partons de l’information brute, nous l’analysons, puis la “forme” finale générée est issue directement de celle-ci. Sauf que nous allons rajouter une couche de designer graphique en travaillant sur les aspects iconographiques, typographique, etc. afin d’être cohérent par rapport au public cible. Par contre nous travaillons avec les outils traditionnels du graphisme, nous ne sommes pas des informaticiens, les algorithmes c’est du chinois pour nous ;)

Vous collaborez tous deux avec la Haute Ecole des Arts à Berne sur la recherche en Design en communication. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Fabienne travaille en tant que chercheuse en design à la HKB sur divers projets de recherche. Du coup, j’ai aussi été intégré aux projets. Nous avons notamment travaillé sur deux projets: le premier traitant de la problématique de la visualisation d’archives aux objets hétéroclites dans le cadre d’un hôtel. Le second traitait de la visualisation de la douleur. Comment aider un patient souffrant de douleurs chroniques à exprimer son ressenti au corps médical, et comment interpréter ces expressions de la part des médecins et infirmiers. Cette année, nous allons également commencer à travailler avec la HEAD sur d’autres projets de recherche en design, toujours en lien avec le design d’information. La manière d’aborder ces projets est différente que sur des mandats. D’abord l’échelle du temps est différent, la marge d’expérimentation aussi, ainsi que le livrable (prototypes). C’est très enrichissant et nous pensons que cela amène une plus-value dans notre manière de travailler avec nos clients

Par le design, vous apportez un côté instructif (voir ludique) à l’information.
Également enseignants et collaborateurs à la HEAD de Genève, qu’est-ce que tout ceci vous apporte ?

Depuis l’année passée, nous enseignons le design d’information à la HEAD, cours qui n’existait pas auparavant. C’est très existant car nous ne pouvons pas nous baser sur notre propre formation, tout est à inventer dans la manière d’aborder le cours: quelle théorie amener, quels types d’exercice à donner, etc. Nous sommes très content de la réception positive de nos étudiants. C’est très stimulant d’enseigner, car il s’agit vraiment d’un dialogue: nous apprenons beaucoup grâce aux étudiants et réciproquement.

Plus généralement, quelles sont vos inspirations ?

Pour ce qui est du graphisme, je pense que nous sommes bien influencés par l’héritage graphique issu du “design suisse” du milieux du XXème siècle. Un design sobre, fonctionnaliste: je pense qu’on s’approprie volontiers les devises “less is more” et “form follow fonction”. Pour ce qui est des designers, il y en a pleins, difficile d’en citer! C’est peut-être un peu banal de le dire, mais je pense aussi que nos inspirations sont plus larges que les domaines créatifs: la science, les voyages, l’actualité, la nourriture, les animaux, la vie quoi !

Sébastien Fasel, peut-on revenir quelques années en arrière afin de nous parler de l’affiche du Paléo festival et de la typographie que tu as réalisé pour cette édition
2009 ?

Oui, en 2009 j’ai pu être l’heureux lauréat pour réaliser la communication visuelle du festival. Je m’étais inspirés de la variété du festival (variété dans le type de visiteurs, type de musiques, types de stands de nourriture, etc.). A partir d’une rounded existante, j’ai redessiné la police en y intégrant toute sorte de trames différentes faites à la main. Cet alphabet a constitué la “boîte à outils” graphique qui allait me servir pour la grosse quantité de déclinaisons graphique: affiche, annonces presse, merchandising, signalétique, etc…

De nouveaux projets sont à paraître prochainement ?

Oui oui, vous serez tenu au courant sur notre page facebook ou directement sur notre site.

Avez-vous un conseil à donner à nos lecteurs, étudiants et/ou futurs designers ?

Mmmh, je ne sais pas, c’est dur de donner des conseils généraux comme ça. Peut-être de rester passionnés, curieux et positifs!

Je vous laisse le mot de la fin…

Merci pour cette interview, à tout bientôt !

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>   emphase.ch

Interview : Dennis Moya – octobre 2012
Toutes les images appartiennent à © Emphase Sàrl.

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