Nous avons le plaisir de vous présenter la graphiste et illustratrice française Elsa Mahé. Des coups de crayons assurés, une touche graphique et des couleurs pastel qui nous transportent avec légèreté dans un agréable univers visuel. Elle a accepté de répondre à nos questions, je vous laisse donc apprécier son travail ainsi que l’interview ci-dessous…

……………………

Bonjour Elsa, comment ça va ?
Super, douce journée, je rentre d’un verre post journée de travail, cool.

Peux-tu te présenter ? Dis nous en un peu plus à ton sujet.
J’ai fait des études de Design Graphique et d’Illustration aux Beaux Arts de Caen, (qui sont maintenant devenus  l’ESAM) et j’ai terminé mon parcours étudiant par un master 2 “Direction Artistique” (attention m’sieurs dames) en alternance à l’école IntuitLab de Paris, une très chouette année, au passage, très enrichissante. Depuis, je suis restée à Paris, je suis graphiste à temps plein dans une agence de pub, métier que j’aime et en parallèle “j’illustre” dès que je peux, avec plus de plaisir encore ! Même si pour moi, le graphisme et l’illustration sont deux domaines qui communiquent, se servent et fonctionnent sans hiérarchie, il faut bien avouer que la sécurité de mon activité de graphiste me permet de développer un univers personnel à travers l’illustration à mon rythme (lent, j’aime prendre le temps!), ça me permet de travailler sur des projets et des collaborations qui me stimulent vraiment !

Parle-nous de ton vécu avec l’illustration. Qu’est ce qui t’a guidé dans cette direction ?
C’est depuis  toujours le moyen d’expression avec lequel je suis le plus à l’aise, celui vers lequel je me dirige instinctivement, les mots ce n’est  pas vraiment mon truc… Un besoin urgent de figer les choses aussi surement… Ensuite ce qui a dû déclencher pas mal de choses c’est la découverte, gosse, de magazines comme Clark ou Wad : une vraie méchante claque ! Le pied ! Je me souviens que j’en prenais (et que j’en prends encore) plein les yeux, c’était trop bon ! C’était fort, hyper fort, être touchée par des tas d’esthétiques différentes, réaliser qu’il y a mille trucs à explorer, qu’il n’y a pas de limites… De la nourriture quatre étoiles pour les yeux en libre service.

Tu as réalisé un portrait de Philippe Starck pour Fricote magazine. Est-ce que le design est une source d’inspiration ?
Pas directement, c’est une discipline que j’aime beaucoup pour son rapport brut avec la réalité, ses problématiques à détourner, ses contraintes… et à côtés de ça, il y a parfois une dimension tellement poétique dans certains boulots, j’aime bien cette “rencontre”. Ensuite, je crois que tout ce que je vois, tout ce que j’ingère volontairement ou non, se retrouve dans mes illustrations à des degrés différents de lisibilité. C’est un gros mélange !

As-tu un procédé particulier lors de la conception de tes visuels ?
Quand je travaille pour moi, je pioche généralement dans “mon carnet d’idées”, je passe mon temps à noter des trucs, les 3/4 ne sont jamais exploités, mais il y a toujours quelque chose en moi qui dit “on ne sait jamais…” Et tout se fait assez instinctivement, envie de retranscrire une sensation précise, ou juste de tester une association graphique de textures, de couleurs, pour voir si ça fonctionne… Se faire plaisir surtout. Quand je dessine pour les autres, c’est souvent d’après photo, comme pour le portrait de Starck par exemple, j’ai toujours plus d’appréhension, envie de satisfaire ! Dans les deux cas, c’est toujours assez étrange de constater le décalage entre : “ce qu’on voulait faire” et “le résultat” mais parfois c’est cool !

Quelles sont tes inspirations et tes références ?
Des tonnes ! Une sacrée liste de personnes à qui j’aurais envie de dire “je suis votre plus grande fan, je veux un dessin siouplaiiit” ! Très dur de faire un choix. C’est surement une histoire de cursus (incontournable au programme de terminale Arts Plastiques) mais n’empêche que les surréalistes je les aime ! Surtout en photo, il y a pour moi là dedans une sorte de sincérité irraisonnée, d’absurde, de poésie toujours… c’était tellement décomplexé pour l’époque, ça l’est  toujours je trouve ! Si on reste dans l’illustration pure : en ce moment : gros coup de coeur pour Andrea Wan sans hésiter cette fois !

De nouveaux projets sont à paraître prochainement ?
En 1 : Vite aller dans un pub dans le 9ème où il parait qu’ils font des hot dogs à tuer. En 2 : certainement une collaboration avec une marque de T-shirt, puis, le visuel pour la sortie vinyle de l’EP de Superpoze (énorme coup de coeur sonore cette fois) en novembre, à plus long terme (toujours mon rythme héhé) un projet d’édition avec d’autres illustratrices (avec Marynn et Nëss Cerciello notamment) qui me tient beaucoup à coeur et une série de nouveaux portraits personnels sur un thème précis…

En ce moment, quel est le livre qui se trouve sur ta table de chevet ?
Le roman graphique “Polina” de Bastien Vivès.

Je te laisse le mot de la fin….
Marlou. En ce moment j’aime beaucoup dire aux gens que je côtoie : “t’es un sacré marlou toi!”, je trouve ça mignon. Et aussi : merci, merci pour cet échange sympathique :)

……………………

 >   elsamahe.wordpress.com

>    elsamahe.ultra-book.com

/ Interview : Dennis Moya – octobre 2012 // Toutes les illustrations appartiennent à ©Elsa Mahé.

Categories:
Illustration
Interviews