Boris Dennler voit dans le design un moyen et une approche différente de créer un mobilier.
Il fonde en 2004 l’atelier BorisLab et se met à concevoir divers meubles à l’aide de matériaux ordinaires.
“Wooden Heap” est le projet qui retient toutes les attentions. Ce magnifique meuble trompe-l’oeil crée chez le spectateur l’inattendu et la surprise, très beau clin d’oeil à tous les objets depuis l’antiquité qui cachent leur véritable fonction… Dans cette interview Boris Dennler nous apprend que le meuble aujourd’hui produit par Toolsgalerie (Paris) s’est vu offrir comme client le V&A Museum de Londres ainsi qu’une présentation du produit aux Design Days de Renens / Lausanne et au 100% Design de Londres. Félicitations!
Ci-dessous, je vous laisse découvrir ses propos et son travail…

Interview faisant partie d’une série d’entretiens résultant de notre collaboration avec
l’édition 2012 des Design Days.

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Bonjour Boris, Comment allez-vous?
Bien, un peu fatigué, mais sinon ça va.

Pouvez-vous vous présenter?
J’ai 35 ans, vis avec ma compagne et mes 2 enfants près de Romont (CH). J’ai une formation de mécanicien de précision et une autre de décorateur. Je n’exerce ni l’une ni l’autre à proprement parler, mais elle me servent tous les jours. J’ai toujours été bricoleur, j’adorais par exemple démonter des appareils électrique que me rapportait mon père. C’est naturellement que je me suis tourné vers la création d’objets.

Quel est votre vécu et votre approche de design?
Pour moi, c’est surtout un vecteur de création, et si en plus cela peut-être fonctionnel, c’est cool. J’ai vraiment découvert le design de mobilier quand je me suis dit que j’avais peut-être quelques idées dans ce secteur. Avant je m’en fichais, je customisais des boguets! (ndlr: vélomoteur pour nos amis français)

Où se trouve votre atelier et qu’est-ce que vous aimez dans cet endroit?
Je vis et travaille à Villaz-st-Pierre, à côté de Romont, dans un beau et gros chalet des années 40 que l’on retape. J’y ai de la place, une belle vue, je suis centralisé par rapport à mes activités.

Pouvez-vous nous parler des meubles, “Wooden Heap”, que  vous allez présenter
aux Design Days 2012?

Il s’agit visuellement d’un tas de bois. Mais si on appuie sur les faces des lattes, on découvre des tiroirs. J’adore le concept de cacher la véritable identité d’une chose, de faire fonctionner la curiosité des gens. Les tiroirs sont indépendants les uns des autres, du coup, on peut créer soi-même la forme du meuble, du sideboard au semainier en passant par le buffet. J’ai eu la chance de les faire éditer par une galerie Parisienne (Toolsgalerie), chez qui le V&A Museum de Londres a acheté une pièce. La suite serait d’imaginer une version grand public illimitée.

Quelles sont vos inspirations?
Les chantiers, les formes totalement étrangères au design de mobilier, les brocantes, les décharges, les “non-lieux”.

Et plus précisément vos influences en matières de design ?
J’aurais pu naître en Hollande car j’aime énormément leurs designers, j’aime les designs qui on un message, quelque chose à dire et ne se prends pas la tête. Je reste attentif à ce que je vois sur des sites comme Designboom, des blogs, mais suis aussi influencé par les voitures des années 50, les vieilles machines, pochettes de CD, etc…

Pouvez-vous choisir un de vos projets et nous décrire le processus qui vous a mené de
la conception à la réalisation?

Mon luminaire “Livresse”: Je cherchais comment utiliser les vieux livres qui peuplent nos bibliothèques. Ils sont souvent beaux graphiquement, mais cachés. C’est là que j’ai pensé à en faire un abat-jour. Il a fallu réfléchir comment faire tenir un livre en l’air, tout en pensant à la nécessité de faire simple techniquement. Il fallait que l’on puisse changer de livre quand on voulait. La structure choisie n’a franchement pas de gueule, elle n’est que fonctionnelle est en plus cachée. Du coup, j’ai mis l’accent sur le packaging qui reprend l’imagerie du livre. Il en résulte un luminaire compacte, original,  poétique, écologique, fait en atelier protégé par des handicapés.

De nouveaux projets sont à paraître prochainement?
Je travaille sur 2 lampes très différentes, un siège en tubes Geberit, et une sculpture-lampe afghane.

Quel conseil donneriez-vous à la nouvelle génération de designers ?
Merde, ça veut dire que je suis vieux. Sans rire, je pense qu’il faut réaliser les projets qui nous trottent dans la tête, et même ceux qui nous paraissent farfelus. Il faut expérimenter, et ne pas avoir d’apriori.
Le ridicule ne tue pas!

Le mot de la fin…
Keep faith in Jah, man.

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> borislab.ch

> toolsgalerie.com

>  design days 2012

 

/ Interview : Dennis Moya – septembre 2012 / Pictures and designs are © Boris Dennler – BorisLab.

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