La ville, du grain et du noir et blanc… Manuel Obadia-Wills est un photographe franco-américain, né à San Francisco et aujourd’hui installé à Paris. Sa photographie nous transporte dans un univers mélancolique, le milieu urbain à travers un regard, une ambiance, une présence… Il nous livre sa vision de l’image et c’est avec plaisir que nous vous présentons ses photographies…

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Hello Manuel, comment vas-tu ?
Je vais bien.

Peux-tu te présenter ? Dis nous en un peu plus à ton sujet.
Je suis un photographe de 31 ans, franco-américain, né à San Francisco et je vis et travaille à Paris. Dès mon plus jeune âge je suis très marqué par les murals de Diego Riviera et des artistes latino-american du Mission District à San Francisco où je grandis. J’arrive à Paris à l’âge de 7 ans et très vite le street art va devenir mon moyen d’expression, c’est beaucoup plus tard que viendra mon amour pour la photographie. Graphiste de formation, je commence à filmer mon quotidien dans l’univers urbain du graffiti, progressivement j’opère une transition entre la peinture et la photographie.

Parle nous de ton vécu avec la photographie. Y a t-il une photo qui t’a donné envie de faire ce métier ?
Mon déclic pour la photographie est venu de deux rencontres majeures. La première est la galerie Kamel Mennour où je découvre Larry Clark et Araki qui seront pour moi une révélation. Et la seconde, avec le 3e assistant de JP Goude sur un projet vidéo qui, avec un Polaroid moyen format, m’a fait comprendre ce que s’approprier la lumière voulait dire et qui m’a aidé à me diriger vers la photographie.

Quel est le projet qui t’a le plus marqué ? Et pourquoi ?
Le projet qui m’a le plus marqué est sans hésitation “Walking in The Woods”. Mon premier projet dans le long terme sur lequel je travaille encore et qui est sur les travesties du bois de Boulogne à Paris. Un projet qui m’a fait découvrir ma passion pour la photo documentaire et contribué à mon écriture que l’on retrouve dans mon diary.

Les photographies présentes dans ton visual diary sont très fortes. Le noir et blanc, le grain de l’image, la rue, le mouvement,… Quel est ton approche vis-à-vis de ce style d’image ?
Mon diary fait office de scrapbook, j’y mets les photos de mon quotidien sans contrainte de thématique ou de style d’image. Je shoot de façon presque compulsive. Je travaille principalement en noir et blanc contrasté avec du grain car c’est ma sensibilité. Cela apporte une force, une poésie, qui sans travestir la réalité, nous emmène dans une autre dimension, c’est un prisme intemporel.

As-tu été influencé par un artiste ou un photographe en particulier ?
Je puise mon inspiration dans les travaux de photographes tels que Daido Moriyama pour la puissance de ses noirs et blancs et sa technique photographique et Vivianne Sassen et Guy Bourdin pour leur modernité. Stanley Green pour son intégrité et la puissance de ses projets.

Y a t-il une émotion, un sentiment que tu essaye de montrer au spectateur ?
À travers mon travail je pose la question de la solitude de l’homme dans nos cité modernes, je tente de faire ressentir une mélancolie urbaine, une transposition d’états d’âme.

Que signifie la photographie pour toi ?
La photographie est pour moi avant tout un mode d’expression, un mode de vie mais aussi dans mon cas une forme de thérapie à travers l’écriture et la rencontre avec autrui.

As-tu des projets à venir ?
Oui j’ai de nombreux projets en cours et à venir. Je travaille sur l’image d’un nouveau concept store parisien. Mais aussi sur un projet photographique en couleurs sur l’adolescence, et sur une série sur les institutions psychiatriques en France.

Le mot de la fin…
J’ai été ravis de découvrir Ligature.ch et son très bon contenu.

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>   manuelobadiawills.tumblr.com

Interview : Dennis Moya – août 2012  // Toutes les images appartiennent à © Manuel Obadia-Wills.

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