La photographie c’est la représentation d’un sujet, d’une émotion, d’une sensation…mais pas que. C’est également la représentation de la beauté… la beauté de l’image et la beauté du sujet. Cette qualité visuelle, le photographe Ghislain Mirat nous la transmet avec mérite. Il a accepté de répondre à nos questions, je vous laisse donc, pour le plaisir des yeux, apprécier son travail présenté ci-dessous.

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Bonjour Ghislain, comment ça va ?
Ca va pas mal du tout, je dois dire que j’ai même plutôt la forme.

Pouvez-vous vous présenter ? 
Je suis né en 1980, j’ai vécu une bonne partie de ma vie sur la côte bretonne. J’ai commencé par travailler comme photographe reporter au sein de l’Armée. J’aime beaucoup le reportage et cette période m’a permis d’apprendre énormément de choses, dans des conditions parfois extrêmes. Après 7 ans de bons et loyaux services, j’ai décidé de m’installer à Lyon en freelance pour développer un autre axe de travail plus esthétique et personnel.

Depuis quand faites-vous de la photographie? Quel a-été le déclic ?
J’ai débuté la photographie vers mes 13 – 14 ans avec des appareils jetables. Je ne faisais pas grand chose de bien, mais ça suffisait. J’étais content d’avoir un outil pour capturer des moments. J’ai commencé à construire un peu plus mes images vers 17 ans. J’y mettais un peu plus de sérieux avec l’envie d’en faire mon métier. J’avais un reflex Praktica mtl50, le genre de boîtier allemand qui te permet d’assommer quelqu’un dans la rue. Je développais mes négatifs et tirais mes photos n’importe comment, c’était la classe. Même si c’était loin d’être parfait j’avais le sentiment d’avoir découvert mon truc. Je suis devenu professionnel  à 21 ans mais je ne crois pas avoir eu un déclic bien précis. C’était plus une envie naturelle et globale de faire de l’image. Ca s’est affiné et précisé avec les années.

J’ai constaté que la femme et le nu sont une constante dans vos travaux personnels ( des séries comme “No one was like Vermeer” ou encore “Morning lights”). Quels sont vos propos vis-à-vis de ces thèmes ?
Effectivement, ce sont des éléments récurants mais pas si présent que ça. Cependant quand tu fais un peu de mode en photo, tu y passes obligatoirement. Après, chacun a son approche. Ce qui m’intéresse principalement c’est le rapport à l’autre. Recréer fictivement une notion d’intimité, c’est une sorte de privilège incroyable, on est sur une fragilité et une simplicité du corps nu. Ayant été élevé par mes parents comme un parfait Gentleman de l’époque Victorienne, j’ai mis du temps à me confronter à mon envie. Finalement, il suffit de le demander poliment.

Avez-vous été influencé par un artiste ou un photographe en particulier ?
Oui comme tout le monde j’imagine. J’ai été très influencé à la base par Raymond Depardon, Bruce Davidson, Bohdan Holomicek, Bernard Pierre Wolff,  Helmut Newton ou encore Wim Wenders. Ils ont réellement construit mes bases esthétiques et m’ont donné envie d’essayer de vivre de la photographie.

Pouvez-vous choisir une de vos photographies et nous expliquer le déroulement, les coulisses ?
Je vais parler de “Light from west” que j’ai réalisé en 2010.  J’avais en tête depuis longtemps ce lieu précis en Bretagne qui me fascinait. Ce paysage me faisait penser aux plaines du middle west américain ainsi qu’ aux peintures d’Andrew Wyeth et d’Edward Hopper. J’ai donc demandé à mes amis s’ils ne connaissaient pas quelqu’un qui accepterait de poser pour moi. Ils m’ont présenté Morgane, qui n’avait jamais vraiment posé mais qui était partante. On a attendu la fin d’un aprés-midi d’été pour y aller car je voulais une lumière chaude et rasante. On a fait des photos jusqu’à ce que le soleil se couche. L’air était frais et ce n’était pas évident pour elle d’autant qu’elle n’avait jamais participé à ce genre de projet. Une fois rentré j’ai fait ma sélection. Je voulais que ça puisse suggérer une histoire. Je me suis donc attaché à mettre en valeur certains détails plus sensibles, comme le grain provoqué par la chair de poule.  Puis j’ai retravaillé la colorimétrie afin d’avoir une bonne homogénéité.

Que signifie la photographie pour vous ?
La photographie c’est un archivage. Peu importe la volonté artistique que l’on a quand on prend un cliché, ça reste un acte de conservation et de témoignage historique. Cette idée me plaît beaucoup.

Quels sont vos projets futurs?
Je travaille en ce moment sur deux projets différents de communications visuelles culturelles. J’ai aussi en cours un projet de documentaire sur un artiste, ça devrait voir le jour fin 2012. Cette année est particulièrement motivante.

Je vous laisse le mot de la fin….
That’s all folks!

Merci !

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/ Interview : Dennis Moya – Févrirer-Mars 2012
/ Toutes les images et photographies appartiennent à © Ghislain Mirat.

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