Julien Lachaussée, tattoo, skate et musique,… mais aussi photographe, portraitiste et fervent défenseur de l’authentique, il nous livre des images vraies, autant dans le fond que dans la forme. J’ai eu l’opportunité de pouvoir lui poser quelques questions à son sujet…

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Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Julien Lachaussée, j’habite à Paris, j’ai 35 ans et je suis photographe.

Depuis quand fais-tu de la photo ? Quel a été le déclic pour toi ?
J’ai fait une école pendant deux ans en cours du soir, ensuite j’ai été assistant pendant 5 ans d’un photographe de mode qui s’appelle Jan Welters. Et après je me suis mis à mon compte et ça doit faire 3 – 4 ans, un truc comme ça.

Peux-tu nous présenter la démarche du projet qui a mené au livre Alive Tattoo Portraits ?
C’est un projet qui me tenait à coeur depuis un moment, j’avais envie de faire un bouquin et donc j’avais commencé à faire des portraits de gens qui venaient  d’univers urbain comme le skate ou la moto,… tous les gens un peu rock’n’roll et en marge de ce qu’on voit tous les jours. Et dans ce milieu comme il y a pas mal de gens tatoués, le tatouage s’est imposé naturellement. Ca n’a pas été, au départ, de faire vraiment un truc sur le tatouage, c’était surtout de faire un projet sur des gens. Des portraits de personnes qui ont un univers et comme c’est rock’n’roll et bien ils ont des tattoos. C’était plutôt cool car ça raconte leur vie et ça apporte beaucoup plus de choses en fait.

Justement, cette forme d’expression qu’est le tatouage, qu’est ce que ça représente pour toi ?
Comme je t’ai dit, j’essayais vraiment de trouver des gens  qui avaient des tattoos mais qui correspondaient à leurs personnalités et qui racontaient une partie de leur vie. Dans le tatouage c’est quand même un milieu assez grand, comme la photo, tu peux être photographe de mode, de mariage, de reportage, etc.. et dans le tattoo c’est pareil, tu as des gens qui font du old school, du japonais,… Après quand je trouvais un skater  qui avait des tattoos de trucs de skate et bien  c’était cool car tu voyais vraiment qu’il était à fond dans son trip et pour le coup ça amenait une information en plus du fait d’être skater, c’était toute sa vie.

Le tatouage représente la vie de chacun…
Voilà c’est ça, l’idée c’était de faire des portraits avant tout  dans l’univers de la personne  et le tattoo est le lien qui relie tous ces gens.

Quelle est la place de la photographie dans ta vie de tous les jours ?
Justement elle y est tous les jours, ça fait partie de ta vie donc tu vis avec. C’est pas comme si tu avais un boulot plus ou moins fixe (les horaires, etc..) tu vis avec, tout le temps tu penses à tes projets, aux choses que tu veux faire, qui tu as envie de shooter, etc…

Tu penses toujours à la photographie…
Oui, tu penses toujours à plein de projets, quand c’est ta passion et ton boulot en même temps. Là je travaille sur un nouveau projet et comme on pourrait dire, ça te prend la tête parce que tu as envie d’y arriver et tu es tout le temps en train de te demander comment.

Après le tatouage, y-a-t-il un sujet précis que tu aimerais aborder ?
Oui, là je travaille sur deux autres projets de bouquins, un qui est sur le rock, le hip-hop et le skate. Et l’autre, qui est plus conséquent et qui va me demander pas mal de temps, qui est sur toutes les pop star, les légendes du rock, les gros designers comme Marc Jacobs,…

Marc Jacobs que tu as shooté pour la cover du premier numéro d’Inked France
Tout à fait, et j’en ai profité pour faire un portait pour moi aussi, ne jamais oublier de faire une photo pour soi quand on rencontre ces personnes là, et là avant hier,  j’ai shooté avec Axel Bauer..

La musique fait partie intégrante de ta personnalité, de ta photographie…
Complétement, le skate également est une partie aussi importante que la musique. Tout se rejoint au bout d’un moment.

Quel est ton avis à propos de la photographie argentique face au numérique ?
Moi je travaille uniquement en argentique. Je suis pas du genre à dire que l’argentique est mieux que le numérique et à entamer des espèces de guerres par rapport à ça. Maintenant chacun a une façon de faire de la photo qui lui est propre, mais la seule chose que je trouve vraiment dommage par rapport à l’argentique à notre époque c’est que c’est de plus en plus dur de travailler en argentique car beaucoup de choses disparaissent, comme le Polaroid, Kodak qui est en train de couler,… et tout ça c’est juste une question d’argent alors  que l’on est à une époque où on nous dit qu’il faut faire attention à ne pas trop jeter, etc… alors qu’à l’époque les boîtiers étaient construits pour la vie, on pouvait tout le temps les faire réparer, maintenant on ne peut plus parce qu’il n’y a plus de pièces, plus personne veut le faire. Aujourd’hui on achète des boîtiers numériques, comme les ordinateurs ça dure 4 ans après il faut les jeter et en racheter,  alors que  ça coûte une fortune. Un moyen format argentique d’époque comparé à un numérique, le prix du numérique est triplé et tu ne fais pas de meilleures photos avec.

Il est temps de te laisser le mot de la fin….
J’espère qu’on pourra encore shooter super longtemps en argentique , car je pense que c’est vraiment une valeur très importante surtout pour le portrait, la musique, etc… au niveau du grain ça s’y prête bien et j’espère que les fournisseurs nous entendront pour nous garder encore en vie (rires) le plus longtemps possible.

Merci beaucoup !

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> Julien Lachaussée.com

/ Interview réalisée par Dennis Moya  .  via skype  .  15 janvier 2012.
/ Toutes les images appartiennent à @ Julien Lachaussée.

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